La nutrition est un des cinq leviers de la prévention du bien vieillir.

Et la santé de notre cerveau est bien évidemment soumise à nos habitudes de vie.

Les recommandations générales émises par les sociétés savantes reposent donc sur des apports variés apportant tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement et à l’entretiens de notre corps. Notamment en protéines ; les acides aminés, briques élémentaires qui les composent, serviront pour la synthèse de neurotransmetteurs. Ainsi la dopamine sera produite par les neurones à partir de tyrosine.

Les oméga 3, que l’on trouve dans les huiles végétales (notamment l’huile de noix ou de colza) ou les poissons gras permet une meilleure souplesse des membranes cellulaires de manière générale, et donc des neurones, facilitant le passage des neurotransmetteurs. Il est important de noter que les sources végétales demandent une transformation de ces oméga 3 pour obtenir 2 formes spécifiques (l’EPA et le DHA) avec un faible taux de conversion alors qu’ils sont déjà présents dans les sources animales. Ils ont aussi un rôle légèrement anti inflammatoire qui contribue à rééquilibrer les apports de lipides (rapport oméga 3 sur oméga 6) ainsi qu’un rôle cardio protecteur.

Une alimentation trop riche en acides gras saturés (dépassant les recommandations), outre les soucis cardiovasculaires qui peuvent en découler semble liée à une destruction des neurones sains dans certains cas (confondus avec les neurones morts destinés à être phagocytés).
Les végétaux sont souvent présents en quantité trop faibles dans la ration, ils sont pourtant nécessaires à notre santé en apportant des vitamines et minéraux. Les polyphénols et les antioxydants concourent à l’équilibre de notre métabolisme (balance oxydants-réducteurs). Il faut cependant faire attention à la prise en supplémentation massive d’antioxydants qui est contreproductive.

→ Omega 3, polyphénols et antioxydants provenant des aliments.

Une fois que les troubles axiaux de la maladie de Parkinson ont atteint la fonction de déglutition, il faut prendre des précautions.
En premier lieu compenser les troubles de la déglutition (conjointement avec des orthophonistes) en adaptant la texture des aliments en fonction de la sévérité de la maladie. Les diététiciens apprennent durant leurs études à garder l’appétence des aliments tout en modifiant leurs propriétés (haché, mixé, mou ou liquide), le but étant d’éviter les fausses routes et les pneumonies par aspiration.

Un des corollaires des troubles de la déglutition est la dénutrition. Et la sarcopénie (fonte musculaire et de la force musculaire) affecte aussi les muscles impliqués dans la déglutition. Il faut donc rompre ce cercle vicieux.
La perte partielle ou totale de l’odorat est un des signes non-moteur de la maladie de Parkinson. Ce sens participe à l’appétence des plats en étant très lié au goût ; sa diminution ou sa disparition peut donc modifier le plaisir de manger et participer à la dénutrition. Il est donc important de travailler sur le sens du goût pour pallier cette déficience sensorielle.
Outre une apport énergétique global suffisant, les apports classiques recommandés en protéines pour les personnes âgées sont de l’ordre de 1g/kg/jour et sont augmentés de 1.2g/kg/j à 1.5g/kg/j en cas de dénutrition. Le statut nutritionnel est d’ailleurs largement corrélé avec la qualité de vie des patients.
Les diététiciens sont capables d’enrichir les préparations alimentaires ou de choisir les bons aliments pour atteindre cet objectif à partir d’aliments classiques ou d’introduire des aliments médicalisés le cas échéant.

Il faut aussi noter que certains patients traités par lévodopa rapportent une augmentation des symptômes après manger. L’hypothèse est qu’il pourrait s’agir d’une absorption concurrentielle entre le médicament et certains acides aminés. Dans ce cas il est recommandé de prendre le lévodopa 30 minutes avant de manger.
Les tremblements peuvent bien évidemment compliquer la prise alimentaire. En institution, il est donc nécessaire d’allonger le temps alloué au repas et les ergothérapeutes seront à même de proposer du matériel adapté ou des aides techniques.

→ Textures modifiées
→ Apports énergétiques & protéiques

Si l’électrostimulation profonde améliore les symptômes, elle peut s’accompagner d’une prise de poids allant jusqu’à l’obésité liée que l’on suspecte être liée à une diminution de la dépense énergétique et à une modification des préférences alimentaires pour le sucré. Il est donc important de garder une bonne hygiène alimentaire pour éviter cette prise de poids et limiter l’apparition d’un diabète, d’hypertension ou de problèmes cardiaques.
La constipation est un des possibles effets secondaires (appelé comorbidité) dans la maladie de Parkinson. Il est donc important de boire suffisamment tout au long de la journée et d’avoir un apport en fibres. Une activité physique et des massages du ventre sont aussi possibles.
Les travaux sur le microbiote de ces dernières années montrent un lien entre celui-ci et la maladie de Parkinson, mais le mécanisme et la causalité ne sont pas bien compris pour le moment. Aucune étude n’a montré de manière claire et reproductible une efficacité de la prise de prébiotiques ou de probiotiques.

Pour résumer

Améliorer le statut nutritionnel c’est améliorer la qualité de vie et les diététiciens sont les professionnels de la nutrition formés pour vous accompagner (loi du 30 janvier 2007 du Code de la Santé).

Willy Mangin
Diététicien-Nutritionniste
DU Nutrition et Activités Physiques et Sportives
Éducateur Sportif (Taiji Quan, Qi Gong, Kung Fu)
DU Sport et Cancer
DU Longévité et Vieillissement

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REFERENCES

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Jamie M. Sheard, Susan Ash, George D. Mellick, Peter A. Silburn, Graham K. Kerr. Markers of Disease Severity Are Associated with Malnutrition in Parkinson’s Disease, PLoS ONE 8(3): e57986. doi:10.1371/journal.pone.0057986.

Shidfar F, Babaii Darabkhani P, Yazdanpanah L, karkheiran S, Noorollahi-Moghaddam H, Haghani H. Assessment of nutritional status in patients with Parkinson’s disease and its relationship with severity of the disease, Medical Journal of the Islamic Republic of Iran, 2016 (19 December). Vol. 30:454.

Velma T.E. Aho, Pedro A.B. Pereira, Sari Voutilainen, Lars Paulin, Eero Pekkonen, Petri Auvinen, Filip Scheperjans. Gut microbiota in Parkinson’s disease: Temporal stability and relations to disease progression, EBioMedicine, Vol. 44, p691–707 Published: June 17, 2019.


Yumi Yamada, SLP Hiroshi Shamoto, MD, PhD Keisuke Maeda, MD, PhD and Hidetaka Wakabayashi, MD, PhD. Home-based Combined Therapy with Rehabilitation and Aggressive Nutrition Management for a Parkinson’s Disease Patient with Sarcopenic Dysphagia: A Case Report, Progress in Rehabilitation Medicine 2018, Vol. 3, 2018001.

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