Evolution des aides du Fiphfp et de l’Agefiph en 2026

Avec la baisse de budget, il est vital de bien cerner ces aides (aménagements de poste, formation…) pour rester en activité. Entre 2025 et 2026 on constate un passage d’une logique de guichet financier vers un « accompagnement global et durable » du parcours professionnel.
Le contenu des aides se trouve dans les 2 catalogues privé et public, notre article fait le point .

Voici le résumé de cette transition en 4 points clés :

  • Simplification et pérennisation (2025) : L’accent a d’abord été mis sur la simplification administrative, avec l’allongement de la validité des préconisations médicales à 3 ans et la fin de l’exigence systématique de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) pour les aides techniques, afin d’accélérer l’équipement des salariés.
  • Intégration des services (2026) : L’année 2026 inaugure un nouveau cadre conventionnel unifiant l’État, France Travail et les fonds (Agefiph/Fiphfp) pour offrir un interlocuteur unique, transformant l’aide ponctuelle en un suivi fluide de l’embauche jusqu’à l’évolution de carrière.
  • Responsabilisation accrue des entreprises : Le sens de l’aide évolue vers la « stricte compensation » du surcoût lié au handicap, tout en durcissant les règles pour les employeurs (fin des accords agréés permettant d’éviter la contribution), les poussant à passer d’une logique de conformité fiscale à une réelle politique d’emploi direct.
  • Focus sur le maintien et l’usure : L’accompagnement cible désormais prioritairement la prévention de l’usure professionnelle et le maintien en poste, avec des forfaits « primo-convention » pour aider les employeurs à diagnostiquer leurs besoins avant même l’apparition de difficultés.

Sur le terrain :

Les réactions des acteurs sociaux (syndicats, associations, conseillers de terrain) face à l’évolution du catalogue Metodia 2026 sont marquées par une vive inquiétude, principalement centrée sur la baisse des moyens financiers et le risque de « double peine » pour les personnes handicapées.

ActeurPosition PrincipaleGrief Majeur
SyndicatsOpposition frontaleBaisse drastique des budgets d'intervention.
AssociationsAlerte socialeFragilisation des travailleurs les plus précaires (ESAT).
Conseillers (Cap Emploi)Adaptabilité forcéeAlourdissement du montage des dossiers techniques.
EmployeursInquiétude fiscaleFin des accords internes et hausse des pénalités.
  • Pour le secteur privé : de nombreuses baisses de financement sont effectives (aménagement de poste de travail, aide à la création d’entreprise….) alors que l’accent est soit disant mis sur le maintien dans l’emploi.Ajustement budgétaire : Le plafonnement des ressources de l’Agefiph (autour de 500 millions d’euros) est perçu comme une volonté de l’État de transformer le handicap en « variable d’ajustement » budgétaire.
  • Pour le secteur public : une trajectoire de simplification administrative radicale, en réajustant certains plafonds pour faire face à la hausse constante du nombre d’agents handicapés dans le secteur public;
Les rognages d’aides sont moindres que pour le privé , mais les syndicats dénoncent des « ponctions » : ils sont vent debout contre l’utilisation des réserves du Fonds par l’État (environ 29 M€ ponctionnés) pour financer des dispositifs d’emploi généraux. Ils parlent de « détournement » au détriment des agents handicapés.Cette ponction est la cause directe des restrictions que nous observons dans le catalogue Metodia 2026 :
  • Baisse des forfaits : Comme l’organisme a moins de budget, il réduit le montant des aides (ex: passage de 6 300 € à 3 000 € pour la création d’entreprise).
  • Sélectivité accrue : Les aides ne sont plus automatiques mais soumises à une démonstration stricte du « surcoût ».
  • Priorité au conseil : On remplace le financement de matériel par du conseil humain, car cela coûte moins cher aux fonds de réserve.

Pourquoi l’État ponctionne-t-il ces fonds ?

Trois raisons principales sont avancées par le gouvernement pour justifier ces mesures en 2026 :

  • Réduction du déficit public : Dans un contexte de redressement des comptes (objectif de ramener le déficit sous les 5 % en 2026), l’État cherche des recettes partout. Les fonds « excédentaires » ou les réserves des organismes de protection sociale sont des cibles privilégiées.
  • La fin des « doublons » : L’État estime que certaines aides de l’Agefiph ou du FIPHFP font doublon avec les dispositifs de droit commun (France Travail, aides à l’apprentissage classiques). Il souhaite donc centraliser les financements.
  • Financement de « France Travail » : Une partie des fonds ponctionnés sert à financer la montée en puissance du réseau France Travail, qui doit désormais gérer l’accompagnement de tous les publics, y compris les travailleurs handicapés (déplacement du budget de l’aide spécifique vers l’aide universelle).

Conclusion

Face à cet amoindrissement des aides, il faut :

Sur le terrain collaborer avec le Cap Emploi et faire en sorte que soit bien déployé l’accompagnement et la collaboration entre cet acteur et votre médecine du travail : les Parkinsonniens font partie des populations à fort risque de désinsertion de leur emploi, et de par ce fait, vous devez être correctement accompagnés par la médecine du travail qui est le pivot permettant les interventions ; (cellules Prévention de la  désinsertion professionnelle )
Pensez à communiquer régulièrement, indiquer vos difficultés et bien entendu faire votre RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur en situation de handicap) indispensable préalable à toute demande d’aide !!!!
N’hésitez pas à m’appeler en soutien, je vous orienterai et répondrai à vos questions sur le sujet de vos difficultés au travail .

Martine GRANADA
conseil-rh@parkinson-vivre-travailler.com